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Zehra Karaburçak Ünsal-"LE SEİN DE LA DEESSE MERE - LA FONCTİON DE LA NOURRİCE"

LE SEİN DE LA DEESSE MERE - LA FONCTİON DE LA NOURRİCE

Zehra Karaburçak Ünsal      

          

          Dans la croyance mythologique des Turcs chamans, la Mère Blanche est celle qui existe avant même la création des terres et des cieux, celle qui, en donnant une âme à l’univers entier, porte sur ses épaules le cycle de la vie ; c’est elle qui réunissant en soi la force primaire créatrice de la nature symbolise l’infini secret inconscient  habite au près d’un lac de lait magique situé au sommet de la plus haute montagne du monde. Une de ses servantes nommée Ayıısıt  (femme créatrice) emmène de ce lac une goutte de lait pour la mettre dans la bouche de chaque nouveau né, lui donnant ainsi une âme et une vie.

                C’était de nouveau une femme sacrée aux cheveux blancs qui avait accueilli les Turcs émigrés de l’Asie Centrale, au sommet d’une montagne lors de leur arrivée en Anatolie. Cette femme tenait dans sa main une amphore en argent remplie d’ayran (un boisson fait avec du lait) de laquelle elle versait dans la bouche des guerriers assoiffés cet élixir magique les rendant invincibles. En arrivant en Anatolie dont le nom en turc Anadolu signifie la terre pleine de mères mais également les mères pleines, pleines à la fois des seins et du ventre, les Turcs se sont mélangés avec les différents peuples habitant sur des terres où le culte de la Déesse Mère régnait depuis les âges préhistoriques : La Koubala des Hittites, La Cybèle des Phrygiens et la belle Artémise des Ephésiens ; toutes des divinités puissantes avec de lourds seins pendants ou bien, comme chez Artémise, une poitrine pourvue d’un grand nombre de protubérances signes soit des seins féconds soit des testicules de taureau faisant référence à la sexualité et la créativité.

                  Bien qu’il existe une discordance entre les opinions des archéologues et des historiens s’intéressant à ce culte au sujet de son universalité, nous savons maintenant, grâce aux travaux de l’archéologue James Mellaart que l’un des plus anciens centre d’habitation du monde – Çatalhöyük- abrite dans son sein des icônes et statuettes de la Déesse Mère datant de 6000 ans avant JC. Les découvertes archéologiques concernant ces âges préhistoriques ne se limitent pas à cette région. Dans certains villages se situant en Anatolie Centrale (Hacılar et Höyücek) les fouilles archéologiques ont révélé l’existence d’autres statuettes, figurines de la Déesse Mère représentant la prospérité et les forces créatrices. Le nom le plus éminent apparaissant à  cette période est celui de Kybélé, la Déesse du Royaume des Phrygiens qui étaient arrivés pour s’installer en Anatolie de l’ouest en traversant les Balkans et la Thrace aux environs de 1600 avant J.C. Elle a connu son paroxysme sous le règne du Roi Midas quand elle fut proclamée la Déesse nationale des Phrygiens. L’historien  Lynn Roller affirme que dans les textes Phrygiens datant de 700 siècles avant JC le nom de Kybélé est transformé en Matar, Mère tout court. De temps en temps ce nom est accompagné par le mot Koubileya signifiant montagne dans la langue Phrygienne.

               800 ans avant l’arrivée des Phrygiens, un autre peuple indo-européen, les Hittites, parvenaient en Anatolie Centrale pour assimiler à leur tour dans leur système de croyance celui de leurs prédécesseurs, les Hattis qui avaient adopté un culte se nommant culte de la déesse-soleil. Selon Trevor Byce, la Déesse Mère dont les origines s’étendaient probablement jusqu’aux premiers âges néolithiques était considérée comme la souveraine des terres et des cieux. Les peuples sous sa domination  l’appelait Koubaba. Koubaba, Koubileya, Kybélé, Cybèle : un même nom transformé légèrement pendant son voyage le temps d’à peu près 10000 ans ! Qu’est-elle donc devenue  cette femme puissante tant vénérée ? Nous savons bien la fin de l’histoire : avec la fin du matriarcat les divinités féminines se sont vues disparaître de la scène pour être remplacées par des déités masculines dont les combats héroïques et les victoires spectaculaires ont rempli les pages  de longues épopées.

               Avec la survenue des religions monothéistes patriarcales, la Déesse Mère a été refoulée de plus en plus dans les profondeurs de la mémoire collective de l’humanité pour ne pouvoir exister qu’au travers de noms ou d’objets dépourvus de signification. Cependant dans la religion Islamique la place la plus sacrée qui accueille les pèlerins musulmans venus du monde entier s’appelle le Kâbe, dans lequel se trouve une pierre noire dont l’origine sacrée est recouverte d’un voile de mystère. Les musulmans se retournent vers cette direction qu’ils appellent Koublé pour faire leur prière quotidienne en ne pensant jamais au sens du mot qui vient probablement de cette divinité mère des âges préhistoriques. Les abîmes profondes creusées sur la terre par les pierres qui tombent des cieux  avaient été assimilées au ventre de la Déesse Mère duquel sortent toutes les forces créatrices de la nature ; et l’une d’entre elles se trouvent justement aux environs de l’antique ville d’Ephèse qui a attiré l’attention des Européens suite aux excavations faites par une équipe d’archéologues Viennois au début des 1900. Les fouilles ont révélé l’existence d’un culte d’une autre divinité très importante : celle d’Artémis.

            Pour ce qui concerne la psychanalyse cela aurait pu être un tournant décisif dans la pensée de Freud confronté pour la première fois à la Déesse s’il avait pu s’intéresser d’avantage à cette période précédant  l’Œdipe,la loi du père et de son meurtre.

            Mais son article presque contemporain de Totem et Tabou,  rédigé en 1911, " Grande est l’Artémis d’Ephèse ", proclame non sans un certain lyrisme l’immortalité de la Grande Mère.

            Effectivement, Freud en propose la lecture suivante : Ephèse était habitée depuis la haute Antiquité par des tribus asiatiques pratiquant le culte d’une divinité maternelle. Au VIIIe siècle avant J.C. des émigrants d’Ionie identifièrent cette divinité à Artémis et continuèrent à pratiquer le culte en l’adaptant à la Kourotrophe. Vers l’an 54 Paul vint à Ephèse pour répandre les principes du christianisme et pratiquer à son tour des miracles. Mais la personnalité de Paul qui était trop juif, trop inflexible dans son monothéisme présentait une grande menace pour le culte local envers la divine Artémis. Paul fût contraint de quitter Ephèse et il fût remplacé par Jean qui eut l’intelligence d’installer la divinité féminine chrétienne Marie en lieu et place d’Artémis. Bientôt la vie reprit son cours normal, la déesse ayant simplement à nouveau changé de nom ! Puis au VIIe. siècle survint la conquête islamique enfouissant sous le sable des mots et des noms les images, les amulettes, les statues de la divine mère. Mais écrit Freud, " la grande déesse d’Ephèse n’avait toujours pas renoncé à ses droits ". Au XIXe siècle, une jeune Allemande de Düllmen, Katarina Emmerich, eut une vision de la Vierge lui indiquant la maison où elle demeura autrefois à Ephèse. On entreprit des fouilles selon les indications de la jeune fille et la maison et le lit furent effectivement trouvés à l’endroit précis décrit durant la vision mystique. Bientôt les pèlerinages qui durent jusqu’à nos jours purent recommencer, et la déesse mère continue à effectuer ses miracles en guérissant les malades venant boire l’eau sacrée ruisselant des rochers aux alentours - eau ou lait régénérateur provenant de son sein sacré.

       On peut se demander si c’est seulement l’apparition du patriarcat avec toutes ses conséquences économiques et sociales qui a fait disparaître de la scène la Déesse Mère ; ou bien si d’autres raisons plus sombres concernant  la vie psychique de l’humanité n’ont elle pas joué un rôle non négligeable dans le refoulement de la Mère. Nous savons que la Déesse Mère est représentée dans ses aspects contradictoires (créatrice, régénératrice, nourrissante mais aussi dévorante, rendant malade, punissant, livrant à la famine et meurtrière) et sous différents noms et personnages à partir de l’Hellénisation des peuples de l’Asie Mineure. Ces différentes divinités féminines ont été intégrées dans la mythologie grecque en tant qu’ épouses, filles ou sœurs des dieux masculins. Jusqu’à cette période, comme le prouve une tablette ancienne faisant louange à la Grande Mère trouvée aux environs de la capitale des Hittites, la Déese Mère n’était qu’une seule personne :

                   C’est à toi que j’adresse mes prières,  la plus grande des femmes , la déesse des déesses.

                    C’est toi qui prends le devant, tu es le plus grand des dieux.

                    C’est à toi qu’appartiennent les cris de souffrance et la haine fratricide ; c’est toi qui fais exister l’amitié et l’amour.

                    C’est toi qui es le juge de l’humanité, tu es juste et tu pardonnes ;

                    C’est toi qui organises le chaos.

                    Toi qui diriges l’humanité, tu es la reine des femmes, celle qui fait renaître les morts, celle qui réhabilite les malades.

                    Tu es la Mère de l’humanité, celle que l’on vénère.

Avec l’arrivée des dieux de l’Olympe les différents aspects de la Déesse Mère furent séparées, fragmentées ou bien regroupés dans des catégories : L’Artémise représenta la Vierge, Hera la mère, Aphrodite la femme. Tous ses aspects sombres et dangereux  furent projetés dans des figures meurtrières telles que Médée qui n’hésitera pas a tuer ses propres enfants pour son amour fatal envers Jason ;  la Méduse qui pétrifie les hommes la regardant directement dans les yeux, Circé qui est également mortelle pour ceux qui l’approchent. C’est comme si on ne voulait plus voir la déesse avec tous ses aspects qui font d’elle une femme dans son unité individuelle car une rencontre trop proche avec elle semblerait mettre l’humanité en face d’un très grand danger entraînant le chaos : l’inceste avec la mère.

                   Tobie Nathan dans son article intitulé la Dépression de Déméter, cite la présence au musée d’Ephèse d’une statue de Sphynx violant un jeune homme durant son sommeil. La Sphynx est ici démon incube, mais incube féminin. Dans leur article Du Meurtre du Savoir et De L’İnceste, Graziella et Nicos Nicolaidis étudient l’évolution du mythe hellénique de la Sphynx et font la remarque que ce mythe se développe rapidement comme d’ailleurs la plupart des mythes grecs, d’une structure thématique prégénitale à une structure thématique génitale. " D’abord il s’agit d’images d’un monstre dévorateur, destructeur via une relation corporelle où sa victime est dans une position passive. " En accord avec la vision de M. Delcourt ils interprètent cette relation non pas comme une lutte mais comme une union érotique dont l’issue est mortelle. " Ce qui nous fait penser " disent-ils " au fantasme nucléaire et originaire du psychotique –vécu avec désir et terreur- à savoir l’union avec la mère ".

            L’union incestueuse avec cette mère prégénitale trouve son expression dans les différents mythes de création où la non différenciation des sexes et des générations constituent un chaos terrible dont l’organisation se réalisera à la suite de sacrifices et meurtres extrêmement sanglants et où un amour fou cause des maux terribles à ceux qui en ont goûté le poison amer. Un de ces mythes concerne en fait la Kybélé et son malheureux amant Attis :  Au cours d’un rêve Zeus éjacule ; de sa semence tombée sur la terre naît Agdistis, le nom grec donné à Kybélé, qui est un monstre hermaphrodite. Jaloux de sa complétude , les autres dieux le châtrent. De son membre tombé au sol, pousse un amandier. La nymphe Nana introduit une amande en son sein et devient enceinte. Elle met au monde Attis qui devenu un jeune homme de grande beauté aspire une passion amoureuse à sa mère-père : Agdistis. Effrayés par l’amour de celle-ci, ses parents adoptifs envoient Attis à Pessinonte pour épouser la fille du roi qui est en fait le roi Phrygien Midas. Mais Agdistis parait au mariage. Sa seule présence rend Attis fou et dans son délire il s’émascule. Agdistis enterre le cadavre et fonde une confrérie des prêtres eunuques en hommage à Attis. Elle doit désormais tenir le deuil de son amant perdu.

            L’Anatolie, la terre pleine de mères où le culte de la déesse a régné depuis les âges préhistoriques semble être une des régions la plus exposée à cet amour à la fois tant désiré et redouté. Dans les anciens contes turcs des ogresses aux seins énormes avalent d’un seul coup le misérable héros les rencontrant sur le chemin. La seule façon de s’échapper à ce sort fatal (union incestueuse avec la mère prégénitale) c’est de s’approcher silencieusement par derrière pour attraper un de ses seins pendus à son dos et de sucer son lait : celle-ci l’acceptant comme son enfant lui épargne la vie et devient désormais sa protectrice. Nous voyons ici une solution à la terreur meurtrière provenant de la rencontre avec la sexualité de la femme, par un déplacement du génital vers l’oral. C’est comme si on ne pouvait plus supporter la Déesse Mère que sous ses aspects nourriciers, régénérateurs et réhabilitants. Un bon sein rempli de bon lait complètement pur et limpide. La propriétaire de ce sein c’est une mère ayant perdue son désir érotique et ne cherchant qu’un plaisir complètement altruiste consistant à nourrir son enfant, son mari, son pays même si elle devait sacrifier sa propre vie : une femme dévouée avec des yeux plein de tristesse et mélancolie. La récompense pour ce dévouement plein de sacrifices semble être remise à une autre vie comme l’exprime clairement l’expression turque : le paradis est sous les pieds des mères.

Ce dévouement total entraîne à son tour une glorification de la mère à laquelle il faut obéir à tout prix dans un dévouement presque identique. Les mères, lorsqu’elles ne sont pas contentes de leur enfants les ayant déçu pour une certaine raison, les menacent d’une malédiction atroce : je ne te donne pas mon lait de bon cœur, mon lait ne t’est plus légitime, livrant ainsi le malheureux enfant en proie à l’horreur d’une vie pleine de péchés dont la conséquence fatale serait d’être brûlé infiniment par les flammes de l’enfer. Un lait bienfaiteur devient un lait empoisonné par lequel l’enfant se voit envahi de toutes sortes de sentiments de culpabilité et de haine. Le lait représente le bien et le mal, le régénérateur et le destructeur, le poison et l’antidote, le permit et l’interdit. " La nourriture à elle seule ne suffit pas, car la tâche de la mère est celle d’apprendre à son enfant à aimer "écrit Freud. Mais comment la mère pourrait-elle apprendre l’amour à son enfant si elle se sent dépourvue de son désire érotique ? En plus si cet enfant est une fille et non un garçon ? Une situation dans laquelle, étant du même sexe, la mère et la fille risquent  le danger d’une fusion du sujet et de l’autre d’où une différenciation déchirante et sanglante passant par les voies de la haine et l’envie permettrait l’individualisation de l’enfant mais aussi son identification au sexe féminin. Comment une mère ayant perdue son désir érotique pourrait apprendre à sa fille de devenir une femme capable d’aimer ?  Où il y a la mère n’y a-il pas place pour la prostituée ?

 

       Je sors de ma chambre pour aller chercher ma patiente qui m’attend installée sur le plus grand fauteuil de la salle d’attente. Elle est  là comme d’habitude confortablement assise mais j’ai de la peine à la distinguer des dessins du fauteuil tellement elle semble être confondue avec celui-ci. A ma vue elle s’arrache du fauteuil avec un gros soupir et vient s’allonger sur le divan en gémissant. Voilà une autre séance qui commence, séance de lamentations infinies, entre coupées de silences au cours desquelles une sorte de suçotement ou de sifflotement  bizarre se font entendre de la bouche de cette patiente de 27 ans, me laissant penser que je suis dans la chambre d’un bébé en train de sucer son doigt pour pouvoir s’endormir. Quand elle parle ce n’est que pour me couvrir de reproches concernant les règles de la psychanalyse qu’elle trouve d’ailleurs trop cruelles. Elle ne peut pas me regarder en face, elle n’arrive souvent pas à entendre ma voix ; je suis trop froide et distante, pourtant elle vient à ses séances avec un grand enthousiasme et en même temps une grande angoisse sachant que je serai là silencieuse et m’énerverai petit à petit jusqu’au point où un jour j’en aurai vraiment marre et l’enverrai promener.. "C’est vraiment injuste, continue-t-elle, que vous soyez si importante pour moi, je me sens toute petite et insignifiante à côté de vous et aujourd’hui en venant à votre bureau j’ai entendu derrière moi des bruits de talons, je fus prise de panique en croyant que c’était vous mais je n’ai pas eu le courage de me retourner pour voir qui c’était ". De nouveau un silence pénible au cours duquel je sens monter en moi ce sentiment si familier d’irritation mêlé à un sentiment de culpabilité. Essayant de le contrôler je murmure quelques paroles que je crois être réconfortantes.

                     Mais voilà que cela recommence  "comment, qu’est ce que vous avez dit ? Vous avez dit difficile ? Non, non je crois que je vous ai mal compris, ce n’était pas ça. Mais vous parlez si lentement que je n’arrive pas à vous entendre; non, non je veux dire quand je vous entends parler je suis prise d’une telle angoisse que je comprends tout de travers, ce n’est pas votre faute c’est moi qui suis une imbécile…..  S’il vous plait répétez moi ce que vous aviez dit mais répétez le, mot à mot sans le changer ". Je  finis par céder à cette demande insistante en essayant de  répéter ma phrase que j’avais déjà oubliée. Catastrophe ! Ma patiente reprend son discours plein de reproches et d’auto accusations : " non, ce n’était pas ça, vous aviez dit autre chose, c’était différent, ah si j’avais pu vous écouter plus attentivement, j’aurais dû boire vos mots au lieu de poursuivre mes pensées à moi.

                      Tout en écoutant cette petite voix pleurnicheuse je me suis laissée aller à la contemplation de l’image qui avait surgi dans mon imagination au cours de la troisième séance avec ma patiente: celle d’une femme indigène aux seins découverts auxquels s’agrippait un petit bébé. Cette image tout à fait attendrissante au début devenait de plus en plus gênante et même dégoûtante. C’était comme si je sentait sur ma poitrine la présence étouffante et pénible d’une créature ni humaine ni animale dont les griffes s’enfonçaient de plus en plus dans ma chair tandis que son souffle brûlant émis à travers ses paroles me chatouillaient les seins en provocant une sensation à la fois insupportable et presque érotique. Juste au moment où une horreur commençait à me paralyser un bruit insistant provenant de l’estomac de ma patiente a envahi la salle, auquel mon estomac à moi a répondu avec le même zèle ! C’était comme si les rayons de soleil s’étaient  infiltrés brusquement dans la chambre sombre en éclaircissant tous ses coins. J’entendis la voix rayonnante de ma patiente qui disait en rigolant : " j’ai entendu votre estomac parler ". Et moi de lui répondre, en pensant rapidement à la salade de thon appétissante que j’avais laissée dans la cuisine sans avoir eu le temps de la goûter, " oui deux estomacs affamés qui se parlent entre eux. ". 

                      Ah je sais dit ma patiente : " je viens ici les Jeudis à 13 heures, c’est juste le moment où vous pouvez prendre votre déjeuner. Je vous ai vu plusieurs fois sortir de la cuisine en grignotant à toute hâte quelque chose pour assouvir votre faim. Je me sens un peu coupable de venir à cette heure et pour pouvoir égaliser les choses moi aussi je ne mange rien avant la séance ". Je lui dis " mais quelqu’un qui a faim ne peut peut- être pas aider un autre affamé ? " auquel elle répond en souriant bénévolement : " oui mais il faut regarder de l’autre  côté : l’assouvi ne comprendra jamais la souffrance d’un affamé ".

         Winnicot en parlant de l’amour primitif violent du bébé souligne le besoin d’assouvir ce plaisir normal d’un amour cruel auquel la mère peut survivre et surtout prendre plaisir. Si le bébé ne peut assouvir son besoin d’en jouer avec elle il va devoir dissimuler son self cruel dissocié sous un faux self ou bien sous des comportements autodestructeurs.

           Cette patiente était venue me voir suite à un changement radical dans sa vie concernant son métier. Bien qu’elle ait terminé ses études de psychologie dans une université très renommée de la Turquie avec un brillant succès elle avait décidé de tout laisser tomber pour participer à des projets dans des institutions civiles concernant l’éducation des enfants aux ressources financières limitées. Elle a travaillé dans plusieurs écoles pauvres des bidons villes d’Istanbul d’où elle a gardé des souvenirs très désagréables avec l’administration et une vive désillusion concernant ses idéaux. Pendant tout ce temps elle a vécu une vie de pauvre bien qu’elle soit venue d’une famille assez riche, habitant dans une maison délabrée avec son ami qui  était un modeste charpentier dont l’engagement politıque lui avait coûté quelques années de prison. Mais depuis quelques temps ma patiente s’interrogeait sur ses choix effectués jusqu’à maintenant en doutant de quelques raisons sombres inconscientes qui l’avaient dirigé vers une voie autodestructrice et entre temps elle avait décidé de reprendre ses études en participant à un programme de doctorat dans sa faculté. Elle m’avait dit au premier entretien qu’elle éprouvait un très profond sentiment de culpabilité devant les injustices ; elle se sentait coupable d’être venue d’une famille assez riche qui lui avait fait mener une vie confortable. Elle voulut donc se débarrasser de toutes ses possessions pour pouvoir vivre une vie extrêmement modeste où seul comptaient l’amour et l’amitié. Mais elle savait qu’il y avait quelque chose de faux, d’insincère dans ses sentiments car elle ne se sentait pas capable d’aimer vraiment sans pouvoir également éprouver aucun sentiment négatif envers autrui. La haine et l’envie selon elle étaient le plus grand des maux concernant l’humanité. Mais elle était envahie d’horreur en réalisant qu’elle n’était pas du tout un ange, suite à une confrontation d’une amie très proche qui lui avait dit, pendant une dispute qu’elle avait un aspect très diabolique, caché sous un aspect angélique.  Elle décida d’entreprendre une psychothérapie afin de pouvoir mieux comprendre les motivations cachées ayant guidé ses choix et découvrir quelle personne elle est en vérité.

                           Au troisième entretien je lui ai proposé une psychanalyse de trois fois par semaine, ce à quoi elle a réagi avec un très grand enthousiasme mêlé d’une peur qui tenait à sa crainte que je comprendrais à un certain moment du processus qu’elle n’était pas très apte à une psychanalyse et que je la laisserais tomber. Cette crainte s’est fait sentir à chaque séance soit par des autoaccusations, soit par l’expression des désirs de se faire entendre sans qu’elle ait besoin de parler, soit par des accusations concernant la technique psychanalytique. De temps en temps elle me parlait des textes critiquant la psychanalyse et se plaignait de l’impossibilité de pouvoir faire confiance à aucune théorie. Mes interprétations concernant son conflit entre son désir de se livrer à quelqu’un et de craindre cette passivité étaient rejetées de plusieurs façons subtiles : parfois elle était très contente d’avoir pu confirmer les théories de Winnicot au sujet du holding, parfois elle semblait ressentir cette crainte d’être confondue avec l’autre mais elle se précipitait tout de suite dans des auto- accusations  en disant qu’elle était beaucoup plus pathologique qu’elle ne le croyait et qu’elle n’avait pas beaucoup d’espoir d’ en sortir.

                          Une fois, avant d’entrer dans une séance j’avais pensé à lui demander si cela était possible de changer  l’heure d’une de ses séance de la semaine prochaine en raison d’une réunion importante à la quelle je voulais participer. Elle a pris  place sur le divan  et avant que j’aie pu ouvrir la bouche elle m’a dit –" c’est bizarre j’ai eu l’idée en entrant dans la salle que vous alliez me dire quelque chose ". – Ah ! Quoi par exemple ? " -" Oh ! rien de très important, peut être annuler un rendez vous ou changer l’heure " -" Eh bien, vous avez lu dans mon esprit, je voulais justement vous demander si on pouvait devancer l’heure de la séance du jeudi, la semaine prochaine " -C’est marrant, j’étais sure de cela……..je suis contente que vous me l’ayez avoué, comme ça je ne me sens pas bizarre, c’était donc vrai et ce qui me fait le plus de bien c’est que vous non plus ne sembliez pas tellement surprise ; il n y a rien de bizarre dans tout cela donc tout va bien ".

                         C’est alors  que je me suis souvenue d’une séance où elle attendait quelque chose d’autre que des paroles ne sachant pas quoi et que je lui avais répondu en disant, peut être une chanson, une berceuse ? Elle m’avait répondu en souriant que cela lui rappelait les temps où sa mère chantait de très belles chansons mélancoliques qu’elle écoutait avec  une grande fascination ne sachant pas tellement de quoi elles parlaient mais gardant chaque fois l’impression d’une très grande entente partagée avec sa mère. Mais celle-ci, suite à une grave pharyngite avait perdu sa voix et ne chantait plus depuis longtemps.

                        Je lui ai dit " ce qui s’est passé ici toute à l’heure me fait penser à ces moments de grande entente que vous partagiez avec votre mère quand elle chantait ". Pour la première fois elle commence à parler de sa mère avec un ton plein de reproches : " vous savez ces moments là étaient les seuls  où je pouvais rejoindre ma mère ; sinon je ne garde aucun souvenir d’enfance avec elle et surtout rien qui me fait penser que l’on s’amusait bien ensemble. Je me souviens l’avoir suivie des yeux pendant qu’elle se promenait dans la maison, essayant de croiser son regard, mais si j’y arrivais, ce n’était que pour voir dans ses yeux qu’un regard lointain et mélancolique ".

                     J’ai appris plus tard, que sa mère, quelques mois avant l’accouchement avait perdu d’une façon très inattendue sa propre mère qu’elle adorait. Quand ma patiente avait 3 mois, sa mère arrêta de l’allaiter suite à des lésions douloureuses autours des mamelons. Mais son père insista à ce qu’elle soit nourrie au sein et pour résoudre le problème il fit venir de son village natal une femme ayant un enfant d’un an auquel elle avait arrêté de donner du lait bien qu’elle aie encore des seins pleins. Cette femme s’installa chez eux avec son bébé et son mari, dans une maison dans le jardin de leur immeuble. Le mari endossa les taches de  concierge et la femme fut la nourrice de ma patiente, puis plus tard sa gouvernante. Elle se souvient de sa nourrice comme d’une femme très énergique et joyeuse avec laquelle elle a pu passer un temps amusant bien qu’elle sût toujours qu’elle n’était pas sa mère mais celle d’un autre enfant envers lequel elle a eu de forts sentiments de jalousie. Pendant une des séances dans la quelle elle parlait de son incapacité de pouvoir se considérer comme une femme attirante et coquette, accusant pour ceci sa mère qui n’avait jamais pu lui transmettre la féminité, étant donné qu’elle ne n’était pas du tout féminine elle-même, elle se souvint d’une scène où elle jouait avec les seins de sa nourrice tandis que celle-ci lui peignait les cheveux en lui murmurant des compliments sur sa beauté et ses conquêtes amoureuses dans le futur. Cette nourrice les a quitté quand ma patiente avait 7 ans pour pouvoir poursuivre son mari qui avait trouvé un travail à l’étranger. Elle se souvient d’avoir beaucoup pleuré après son départ et pense avoir perdu sa joie de vivre depuis lors

              Pour Winnicot, la capacité d’être repose sur l’identité sujet-objet. C’est seulement à condition que la mère puisse donner à son bébé la possibilité de  se sentir comme étant le sein lui-même que ce sentiment d’être peut se constituer sans qu’il y ait une mutilation du self.

C’est seulement à partir de cette confusion que pourrait naître grâce au jeu de la représentation, le sujet ayant un dedans et un dehors délimitant son territoire et une libido en voie d’organisation avec une distinction du bon et du mauvais. On peut voir ici que cette confusion primaire possède un devenir ambigu : tantôt créatif, lorsque la régression à l’ère de l’informe permet au sujet de retrouver son vrai self ; tantôt destructeur lorsqu’elle entraîne une désorganisation mentale traumatique avec angoisse d’effondrement ou de dissolution Le rôle de l’objet et de sa capacité d’accueil, d’identification empathique est essentiel dans le chemin que va poursuivre la capacité d’être : soit l’objet se mettra au service de la vie soit à celui de la désorganisation mortifère.

               François Duparc, dans son article " Inquiétante Voracité (De L’Oeil à la bouche, du sein au regard) en parlant des patients au noyau psychotique ou mélancolique souligne leurs principaux besoins consistant dans un premier temps à s’assurer que leurs projections très primitives, de l’ordre de la confusion, de l’émotion esthétique ou de la crainte de l’effondrement ne détruisent pas l’analyste ; puis que " l’analyste se serve de ce vécu commun pour adapter sa propre mimique affective afin qu’elle soit suffisamment contenant (ni trop différente ni trop identique) " ; enfin et surtout qu’il leur offre sa capacité de figurer ce vécu à deux en utilisant des images verbales dans lesquelles " la musique des mots et leur rythme comptent autant que la formulation verbale elle-même ".

                Alors seulement le lait des mots peut prendre sens, sous l’emprise du regard. Mais comment cette musique et ce rythme pourraient jaillir si la mère elle-même a perdu son désir, comme ce fut le cas chez  ma patiente qui s’est trouvée dans l’obligation de s’identifier à cette mère profondément mélancolique ? Hélène Parat souligne le risque de centration sur la pulsion orale de l’enfant, sur une oralité mythique qui ne tient pas compte de l’après-coup féminin/maternel qui l’informe. Cette oralité mythique prend le devant lorsqu’on ne tient pas compte de la dyade mère-bébé ou du tiers qui existe dans cette dyade en définissant toute la problématique oedipienne de la mère et de sa sexualité de femme. Selon elle l’oralité mythique est une tentation pudique pour séparer le sein de sa composante érotique. C’est peut être " une tentation de conjurer les dangers de l’oralité en la circonscrivant, tentation d’en faire juste le premier temps d’un développement libidinal harmonieux, mesuré de bien la distinguer de l’anal, du phallique et du génital car, à ne pas le faire on risque de trouver un trop de sexuel, un trop de féminin et de maternel confondu ". Cette angoisse permanente face à l’inquiétante sexualité féminine se heurte chaque fois heureusement à l’impossibilité de disjoindre le lait du sein qui le produit, la mère de la femme qu’elle ne cesse d’être. Dans " Elixirs d’amour ", Hélène Parat montre la continuité entre le sang et toutes les autres humeurs parmi lesquelles le lait prend une place très importante. " Le sang est source de toutes les humeurs, sacré ou sacrilège, pur ou impur, néfaste ou béni ". Ce sang cuit et blanchi sous forme de lait qui préserve quand même le sexuel féminin, continue de nourrir l’enfant après sa naissance. Il transmet les caractères, les qualités comme les vices de cette femme qui nourrit ; mais en même temps, bien que la complexité de la fantasmatique des liquides montrent bien chez la mère un certain choc intérieur dû à une confusion continuelle des zones érogènes ceci contribue également à la richesse de son érotisme féminin. Quand le sein nourricier n’est pas clivé du sein érotique, l’orgie de la tétée devient un plaisir partagé et non une excitation destructrice.

             Ma patiente arrive un jour à sa séance vêtue d’une petite jolie robe coquine avec  un grand décolleté. Je suis surprise mais aussi très contente de la voir ainsi habillée car elle ne porte en général que des vieux jeans et des larges blouses cachant les formes de son corps. Après un long silence elle commence à raconter dans un ton pleurnichard qui est d’ailleurs en grande contradiction avec son apparence extérieure, de ses relations amoureuses qui se sont tournées mal chaque fois qu’elle a espéré un heureux aboutissement. Elle commença à accuser sa mère qui selon elle ressemblait à un petit garçon avec ses cheveux coupés très court et sa façon de marcher comme un soldat. Elle s’est souvenue d’une scène pendant laquelle elle a été surprise par sa mère dans sa chambre en train de se masturber. Sa mère lui avait jeté un regard furieux en lui disant que si elle l’attraperait une autre fois à faire cette chose, elle en avertirait tout le monde. Elle me dit " vous vous rendez compte ! Mais bien sure ce n’est pas la faute de ma mère ; la pauvre elle ne connaît rien sur la sexualité ! – Ah bon ! C’est bien pour cela qu’elle vous a dit je le dirai à tout le monde. Mais voyons ! tout le monde c’est bien votre papa n’est-ce pas ? Elle commence à rire en disant oui, c’est vrai j’oublie que ma mère est aussi la femme de mon père bien que la sexualité entre eux…euh ! Je ne sais pas si c’était vraiment satisfaisant mais quand même on ne sait jamais ce qui se passe dans la chambre à coucher !.......silence…….c’est drôle, je trouve que vous ressemblez à ma nourrice, elle aussi faisait des plaisanteries de cette sorte et je riais beaucoup.

             Tobie Nathan dans son article " La dépression de Déméter " nous montre comment cette déesse mélancolique endeuillée par la perte de sa fille Perséphone arrive à être délivrée de sa dépression par l’aide d’une vieille femme qui lui rappelle sa sexualité en se servant soit des mots obscènes, soit des objets représentants l’organe sexuel féminin ou bien encore, selon certaines légendes, en lui exhibant son propre sexe tel quel.. La rencontre avec sa propre sexualité à travers un miroir qui est en fait une autre femme cela revient à dire nous sommes tous dans le même navire : nous perdons bien quelque chose mais ceci nous permet à naviguer vers d’autres horizons cachant dans leur sein d’autres plaisirs et espoirs. N’est-ce pas dans des réunions entre femmes que l’on trouve le soulagement le plus profond à nos souffrances d’amour ? Et n’est ce pas  toutes ces blagues et  railleries faisant toutes allusion à la sexualité qui nous font sortir de cette fusion mortifère où rien ne bouge, rien ne vit ?  La nourrice est une femme n’étant ni la mère de l’enfant qu’elle allaite ni la femme du père de celui-ci ; mais elle est là pour partager  entre lui, l’enfant d’une autre femme, et ses propres enfants son lait, les rendant ainsi tous des frères et des sœurs de lait ; un lait qui véhicule non seulement toutes les qualités narcissiques, nourricières mais aussi un amour érotisé. 

             Pour terminer je voudrais rendre hommage à toutes les nourrices ayant participé au bonheur de leurs filles de lait en leur permettant, à l’insu de leurs parents de s’envoler à la recherche de leur grand amour. Je pense ici entre d’autres, à celle de Juliette qui l’a aidé à retrouver son Roméo bien que leur sort ait été fatal ; mais la faute ici retombe plutôt à Shakespeare et non pas à elle ! Mais je voudrais saluer ici la nourrice de ma mère, qu’elle repose en paix au paradis, cette femme pleine de bonne humeur ayant non pas seulement allaité  ses propres enfants et ma mère mais a passé un bon bout de temps à prendre soin des enfants de celle-ci. Une femme avec un cœur immense embrassant affectueusement tous les êtres  de l’univers sans faire aucune distinction. J’aimerais bien vous transmettre un de ses contes favori qu’elle me racontait quand j’étais très jeune : celle de la blondinette.

              İl était une fois une très jolie fille aux longs cheveux blonds vivant dans une caverne avec une vieille femme et une vache qui la nourrissait de lait et du miel. Elle ne sortait jamais de cette caverne bienfaisante où elle passait son temps à écouter les belles chansons de la vieillarde et à se nourrir de ces élixirs si délicieux. Mais un jour qu’elle était allée auprès de la vache elle entendit une voix lui disant : blondinette écoute moi bien ! Je vais bientôt arriver, préfères tu que je vienne en grondant ou en fulminant. La petite fille effrayée mais également fascinée par cette voix essaya de trouver sa source ; elle s’adressa à la vache afin d’obtenir une réponse mais celle-ci détourna la tête en baissant les paupières d’un air désolé. La blondinette retourna auprès de la vieille femme d’un air pensif sans oser lui raconter l’événement. Le lendemain elle descendit de nouveau pour boire son lait et son miel et voila que la voix a repris son murmure sinistre et magique : Alors blondinette as-tu décidé ? Veux tu que je vienne en grondant ou en fulminant ? De nouveau la gorge serrée par l’effroi et l’excitation elle se dépêcha de rejoindre la vieillarde à côté de laquelle elle trouva la paix. Mais la curiosité ne la lâchait pas de telle sorte qu’elle n’arrivait plus à manger ni à dormir. Le troisième jour, après de longues hésitations elle décida de retourner auprès de la vache. Dès qu’elle mit le pied dans la grotte la voix recommença son murmure mais cette fois-ci avec une grande insistance : Blondinette tu dois décider, je commence à perdre patience : tu veux que je vienne en grondant ou en fulminant ? La blondinette entendit surgir de sa bouche le mot fulminant et tout d’un coup les murs de la caverne s’entrouvrirent pour laisser passer à travers des liquides brûlants et fulminants qui remplirent rapidement la caverne entière. La blondinette captée par ces liquides disparut en répandant ces longs cheveux blonds sur le sol. On ne l’a jamais vu depuis lors, ni elle, ni la vieille femme ni la vache.

           -Mais maman lait ! Qu’est-ce qu’il est arrivé à la blondinette ?

           - Oh personne ne le sait. Tout ce que l’on sait c’est qu’à la place de la caverne un lac a surgi, contenant une eau de couleur jaune comme celle des cheveux de la blondinette. On dit que cette eau est sacrée car elle guérit de toutes sortes de maladies les gens venant s’y baigner ou en boire quelques gouttes.

           - Quelles maladies ?

           - Eh bien toutes sortes de maladies mais surtout celles du cœur.

           - Mais où est ce qu’elle est la blondinette, maman lait ?

           - Oh ! Ne t’en fais pas, elle est sûrement dans un endroit plus amusant que celui qu’elle a partagé avec cette vieillarde et la grosse vache.

            -Quel endroit ?

            - Mais tu le sauras bientôt. Veux-tu qu’il vienne en grondant ou en fulminant ?

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